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vendredi 11 décembre 2015

Toujours couverts

Malgré le beau temps, l’automne est maintenant bien avancé et les arbres à feuilles caduques ont tous perdus leur feuillage, tous sauf les arbres marcescents.

La marcescence, (du latin marcere, être fané, flétri) c’est-à-dire la conservation des feuilles mortes sur l’arbre, souvent jusqu’au printemps suivant, est présente chez certaines essences d’arbres notamment dans l'ordre des Fagales tels les chênes (photo ci-dessous), les hêtres, les charmes et les châtaigniers, largement répandus ici. C’est plutôt une marque de jeunesse de l’arbre ou de position des branches car les branches basses sont parfois marcescentes alors que le sommet a perdu ses feuilles.


Diverses thèses sont avancées pour expliquer cette particularité dans le mécanisme d’abscission, où la couche de liège permettant la chute de la feuille ne se fait pas. Particularité génétique, comportement en lien avec la régulation hydrique, avec le cycle de la biomasse voire même avec la lutte contre les grands mammifères prédateurs car ces feuilles sont moins appétantes.


Découvrez d’autres arbres de la vallée du Sant.

mardi 5 janvier 2016

Il n’y a pas que les chattes qui font des chatons

A l’heure où l’on enlève les décorations qui pendent aux arbres de Noël, les noisetiers de la forêt se parent de jolis pendentifs vert clair.

Le Noisetier ou Coudrier (Corylus avellana) est un arbrisseau de 3 à 8 mètres de hauteur appartenant à la famille des Bétulacées, comme le bouleau. Il est parfois aussi appelé Avelinier. Ce serait une des rares espèces de l'ère secondaire (- 70 millions d'années) à avoir survécu jusqu'à nos jours.
Petit, frêle et sans prétention, il est pourtant très utile : ses fruits, les noisettes font le bonheur de tous, à commencer par les écureuils.

Son bois souple était utilisé en vannerie et pour les haies. Il fait aussi de très belles canes sculptées pour les randonneurs. Paré de nombreuses vertus médicinales, il était déjà considéré comme magique par les gaulois. C’est souvent une branche de noisetier qui était utilisée par les sourciers. En Catalogne, on plantait des branches de noisetier autour des bergeries pour éloigner les loups et les serpents.
Corylus vient de Corolus, nom latin du noisetier qui dériverait du grec Korus, « casque », en référence à la forme des cupules membraneuses et frangées qui entourent la noisette. Avellana se rapporterait à la ville italienne d'Avella, dont les noisettes étaient réputées ou du gaulois Aballo, « pomme ».
L'arbrisseau forme une touffe d’une dizaine de troncs fins, on dit qu’il est multigaule. Ses feuilles cordiformes caduques sont dentées avec un sommet en pointe
Le noisetier fleurit de janvier à mars. Les fleurs mâles, jaunâtres, forment des épis pendants ou chatons.
Le mot chaton comme en vieil néerlandais katteken, vient de la ressemblance avec la queue d'un petit chat.
Les fleurs femelles sont plus discrètes.
Le noisetier est de plus protandre, une des forme d’hermaphrodisme séquentiel, c’est-à-dire qu’il est d’abord mâle puis devient femelle, ce qui nécessite une fécondation croisée.
Les racines du noisetier vivent en symbiose avec des champignons, les mycorhizes, notamment la truffe. 
Les écureuils ne se limitent pas à consommer les fruits et ont un rôle actif dans la reproduction du noisetier. Ils enterrent les noisettes loin de l'arbre, afin de se faire des réserves alimentaires, mais semblent oublier fréquemment l'emplacement de ces réserves.


Cet arbre se multiplie aussi par marcottage ou drageonnage, ou bouturage et peut vivre jusqu'à 60 ans. 

Avec ce post commence une longue série sur les arbres, une passion que m’a transmise mon père, forestier.


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mercredi 21 septembre 2016

L'automne arrive, majestueux



Les érables sont des arbres et des arbustes du genre Acer appartenant désormais à la famille des Sapindacées (autrefois à celle des Acéracées). N’ayant rien à voir avec les sapins, qui sont des conifères, la famille tient son nom du genre Sapindus, l'« arbre à savon », qui produit des fruits utilisés comme « noix de lavage » en raison de leur pouvoir détergent dû à la présence importante de saponines.
L’érable est très connu par sa feuille, emblème du drapeau canadien, toujours opposées, en disposition décussée, c'est-à-dire que deux paires se suivent en tournant à angle droit.

La plupart des espèces ont des feuilles caduques, mais une minorité en Asie du Sud et dans le bassin méditerranéen sont sempervirentes.
Bien connu également le fruit de l’érable, le disamare, est formé de deux samares réunies à la base que les enfants s’amusent à faire voler comme des hélices d’hélicoptère. La graine peut ainsi, grâce au vent, être transportée sur des distances considérables. Elle parvient à maturité sur l'arbre et peut rester dormante plusieurs années avant de germer. La forme du disamare aide à identifier l’érable dont il s’agir. Dans notre forêt, nous avons des érables champêtres (Acer campestris) aux deux samares horizontales. Alors que l’érable de Montpellier, fréquent dans le sud de la France, a un disamare anguleux.
Le terme latin acer (qui signifie « dur ») ne s'est pas imposé dans le bas latin de Gaule. Le nom français actuel d’érable vient donc du terme hybride acerabulus (érable-pommier) qui a donné dans un premier temps « arable » (cité dans le Roman de la Rose), puis érable.
Parmi les érables, on trouve des espèces utilisées pour la production du sirop d'érable en Amérique du Nord, des espèces fournissant du bois d’œuvre et d'autres enfin utilisées comme arbres d'ornement pour la forme particulièrement découpée de leurs feuilles ou pour la coloration de leur feuillage, particulièrement appréciée au japon qui a fait des balades d’automne, momijigari, une coutume traditionnelle.
Dans un prochain post on essayera de s’y retrouver dans cette grande famille entre l'Erable-platane, l'Erable sycomore et l'Erable faux-platane.


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samedi 11 février 2017

La forêt s'éveille

fleur femelle de noisetier Montagne Noire Tarn

Pas d’affolement, ce n’est pas une tête de serpent aux multiples langues fourchues, mais une fleur femelle de noisetier (sous une loupe x10). 
fleur femelle de noisetier Montagne Noire Tarn
Les arbres les plus précoces, marronniers et noisetiers sont déjà en bourgeons et annoncent le printemps. 


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dimanche 23 octobre 2016

L'Oeil de l'Hêtre



Si parfois les murs ont des oreilles, il arrive aussi que les arbres aient des yeux. Comme ce hêtre rencontré durant une promenade au bord du ruisseau du Sant.


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lundi 27 juin 2016

Grande tortue volante

Ce n’est pas uniquement dans les romans de Terry Pratchett que les tortues volent.

La Grande tortue (Nymphalis polychloros) est un grand papillon qui vole dans nos forêts. On l’appelle aussi le Grand-Renard ou le Doré ou la Vanesse de l'orme.
Peu attirée par les fleurs, elle affectionne les écoulements de sève des arbres blessés. Ses plantes-hôtes sont divers arbres notamment les ormes, les saules, les peupliers, le pommier cultivé, le poirier commun et divers autres feuillus.

La grande tortue est présente du nord de l’Afrique à l'Europe centrale et méridionale, en Asie mineure et en Asie centrale. En France métropolitaine, elle était présente dans tous les départements, mais elle est en déclin significatif dans le nord. Elle est éteinte en Grande-Bretagne.
Elle a une cousine, la petite tortue (Aglais urticae) dont la chenille, comme son nom l’indique, a l’ortie comme plante hôte. On peut les différencier grâce aux différentes répartitions des tâches sur les ailes :


Voir d’autres papillons de notre vallée : ici

vendredi 5 décembre 2025

Petite réincarnation d'un arbre

Il y a dans la région de nombreux amateurs de champignons pour en faire de bonnes poêlées.

Si je ne dédaigne pas une bonne omelette, ma joie consiste plutôt à découvrir des champignons, comestibles ou pas, comme celui-ci, peu m’importe, à rechercher leur nom, leur biologie… et à garder un souvenir en photographie.

Les champignons du genre Crepidotus, qui compte plus de 320 espèces, sont des saprophytes, c’est-à-dire qu’ils se nourissent de la décomposition de végétaux, souvent des arbres.

Son nom de genre vient du Latin et veut dire « oreille fendue ».

Il s’agit probablement de C. cesatii, mais cette espèce ressemble beaucoup à C. variabilis. Seule l’observation des spores au microscope permet une détermination précise car elles n’ont pas la même forme. Elles sont sphériques pour C. cesatii. Or je n’avais pas fait de prélèvement. A une prochaine occasion peut-être.

Je l’ai trouvé sur un bel arbre qui, pendant des décennies, au milieu de la forêt, a été pour moi un bon repère dans un carrefour de sentiers.

Mais, les arbres meurent aussi et avant de tomber, puis de disparaître, il a nourrit tout un chapelet de crépidotus.

Découvrez d’autres champignons de la vallée du Sant.


Crepidotus is a genus of fungi in the family Crepidotaceae.

Species of Crepidotus all have small, convex to fan-shaped sessile caps and grow on wood or plant debris.

The genus name Crepidotus means 'cracked ear' in Latin.

Currently, over 320 species are accepted. This one could be C. cesatii, but it is very close to C. variabilis. Spores under microscope are needed to decide and I have not taken a sample. Next time…

I found them on a dying tree. Life is changing its shape, but it is still life.  

More mushrooms of the Sant valley

vendredi 19 janvier 2018

Musée nature

piémont de la Montagne Noire en hiver

Le piémont de la Montagne Noire vu à travers les arbres

Les couleurs pastel de ce paysage d’hiver à travers les arbres sombres m’ont rappelé celui d’un tableau de Brueghel l’Ancien que j’aime beaucoup, les chasseurs dans la neige (1565).


Ce tableau est conservé au Musée de Vienne, mais, si vous aimez aussi Brueghel, et que vous êtes un jour de passage à Bruxelles, surtout ne repartez pas sans une visite, même rapide, à ses nombreux tableaux au Palais des Beaux Arts. Il contient aussi, entre autres, une magnifique salle de grands Rubens, le génie de la composition :


Et, juste à côté, le Musée Magritte:



lundi 9 janvier 2017

Emprisonner l'agresseur

galle du chêne Montagne Noire Tarn


Lorsque j’étais enfant j’aimais beaucoup accompagner mon père, garde forestier à l’Office National des Forêts. Il m’apprenait les arbres, les oiseaux et les constellations. Il me sensibilisait au respect de la biodiversité et à l’importance du développement durable.

Je lui demandais souvent le nom des plantes et des animaux. Un jour, je lui ai montré une petite boule sur une feuille de chêne que j’avais trouvée. Il m’expliqua que c’était un parasite, pas très grave en général et ne mettant pas la vie de l’arbre en danger. Mais je fus épouvantée quand il m’en dit le nom : galle des chênes.

L’arbre fabrique ces excroissances en réaction à la piqûre de certains insectes. C'est la famille des Cynipidés qui compte le plus d'espèces provoquant des galles sur les chênes. Ces insectes sont des très petites guêpes qui viennent sur l'arbre pour y déposer leur ponte. Dans la photo ci-dessus, compte tenu de la forme de la galle, dite « en arbouse », l’insecte est Cynips quercusfolii.

Le choix de la zone va dépendre de la saison et de l'espèce. Bougeons, feuilles, fleurs ou glands sont les zones cibles. Ici sur un rameau, galle due à Andricus kollari:

galle du chêne Montagne Noire Tarn

L'intérêt de la galle pour l'insecte est qu'elle va protéger la ponte. Les œufs seront à l'abri et mieux encore, les larves pourront même se nourrir de la galle durant leur développement. Mais elle a aussi un intérêt pour l’arbre qui la fabrique, celui d’isoler le parasite. 

Si l’on coupe la galle en deux, on trouve la larve de l’insecte parasite à l’intérieur :


Depuis l’Antiquité jusqu’au XXème siècle, ces galles étaient utilisées pour fabriquer de l'encre.


Il existe autant de sortes de galle que d'espèces de cynips qui donnent des formes sphériques, en lentille, en casque de lancier ou en bouton de guêtre : à voir dans ce guide des galles.

Plus étonnant encore les cynipidés peuvent avoir deux générations par an et deux galles différentes (une pour chaque saison), comme chez Neuroterus quercusbaccarum sur les feuilles de chêne blanc ou Plagiotrochus quercusilicis  sur le chêne Kermes.

D’autres arbres ou arbustes peuvent avoir des galles, notamment le hêtre, le tilleul, l’orme, l’églantier et l’érable, comme sur cette feuille particulièrement atteinte:

galle sur une feuille d'érable Montagne Noire Tarn
 Découvrez d’autres insectes et notamment les papillons de la vallée du Sant.

dimanche 30 juillet 2017

Vert d'eau

reflet des arbres dans une cascade


Reflets des arbres dans une cascade du ruisseau du Sant
Trees are reflected in a cascade of the creek Le Sant

lundi 2 février 2026

Promesse de géant

Elle brille au soleil: c’est une petite graine qui, apportée par le vent, s’est posée au bord du sentier.

Une promesse de vie qui grandira, grandira, si elle tombe sur un sol accueillant.

Celle d’une espèce d’arbre que l’on a plutôt l’habitude de voir dans les cours des écoles, sur les places comme celle qui avait inspirée Van Gogh ou le long des routes du sud de la France, comme ici le long de la D14 qui trace son sillage dans la plaine avant de grimper dans la vallée du Sant.

Mais ici, au creux de la forêt, c’est bien aussi une graine de platane. Nous en avons déjà deux de vénérables, dont la graine a aussi probablement été amenée par le vent, il y a bien longtemps.

Le platane commun, ou platane à feuilles d'érable (Platanus × hispanica ou Platanus × acerifolia) est en fait un  hybride d'arbres issu du croisement entre le platane d'Occident (Amérique du Nord) et le platane d'Orient, à fertilité très faible (seule une infime partie des graines peuvent germer).


Existant en Europe, au Crétacé (de 145 à 66 millions d’années), le platane y disparaît à l'ère glaciaire. Le platane d'Occident (peu courant en Europe et d'origine américaine) et le platane d'Orient (planté par les Romains en Italie, vers l'an 390 av. J.-C.) sont introduits et hybridés en Espagne (d'où le nom "Hispanica") et en Angleterre vers 1650, pour donner le platane commun ou platane à feuilles d'érable, le plus courant en France.

Le nom, du grec πλάτανος / plátanos, dérivé de l'adjectif πλατύς / platús, signifie large et plat. Cette dénomination trouverait son origine dans une croyance de la civilisation Crétoise : la feuille à cinq lobes correspondrait aux cinq doigts de la main de la Grande Déesse, la Terre Mère. 

Nous avions déjà vu le miracle de la minuscule graine de séquoia qui se transformera en l’être le plus haut de la planète, si elle tombe, elle aussi, sur un terrain propice.

C’est la magie de la Nature dans les forêts naturelles: simplement dire « Abracadabra », puis patienter un petit… siècle, en espérant que la force de vie surmonte les aléas de toutes sortes.

Ici, nos deux spécimens sont en pleine santé, ce qui n’est pas le cas, hélas, des magnifiques platanes qui bordent le Canal du Midi qui doivent être remplacés, comme expliqué dans cette belle vidéo (en français, sous-titres en anglais).


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vendredi 30 octobre 2015

Au pays des arbres roux

Petite ballade ce matin. Il fait un temps superbe et un petit vent doux.

Les chiens s’en donnent à cœur joie puis reviennent vers moi tout essoufflés.


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samedi 6 avril 2019

Ready to go!

balade en foret

Le printemps est bien là, les essences d’arbres précoces ont déjà fleuri et leurs feuilles se forment, comme celles du marronnier à droite. Les plus tardifs viendront bientôt. C’est le moment d’aller rendre une petite visite aux 25 espèces d’arbres différents de nos sentiers et de connaître leurs secrets.

Spring is there with its return of green everywhere. Many trees have been blooming and their leaves are growing now, for example the horse chestnut on the right side above. More species are entering the movement. Time to find the 25 tree species around here and learn about their hidden secrets.

dimanche 27 janvier 2019

La petite amie des arbres

Tachina magnicornis fly


De la même famille qu’ectophasia déjà vue sur ce blog, cette amusante Tachina magnicornis, au derrière piquant, fait partie des Tachinidae (ou tachinaires), qui ont pour origine le mot tachina, rapide (qui marche vite). Les mouches (ou diptères, c'est à dire deux ailes) regroupent plus de 8 200 espèces dont 1 000 en Europe, et beaucoup encore à découvrir. Les adultes, de tailles très variables sont généralement de couleurs sombres et ternes. Cependant, certaines espèces comme celle-ci ont des motifs de couleurs vives et éclatantes. A noter également ses jolis petits « sabots » clairs.

Les adultes se nourrissent de pollen et de nectar et sont de bons pollinisateurs. De plus, les larves sont des parasites d'insectes, et plus largement d'arthropodes ou d'autres animaux. La femelle dépose ses œufs (un ou plusieurs) sur, à l'intérieur, ou encore dans l'environnement de l'hôte. La larve se développe généralement à l'intérieur de celui-ci.
Même si le procédé est expéditif, elle a un rôle très utile car sa larve attaque généralement les chenilles de nombreux papillons qui parasitent les cultures et des arbres, en particulier les pins.

This funny Tachina magnicornis is part of The Tachinidae too, same family than the ectophasia fly we already met. Tachinidae are a large and variable family of true flies within the insect order Diptera, with more than 8,200 known species; nearly 1,000 in Europe, and many more to be discovered.

Adults are eating pollen and nectar and are useful as pollinisators. In addition larves of the insects in this family are parasitoids of other insects, mainly butterfly caterpillars, or occasionally parasites of arthropods and may be regarded as economically beneficial as they also prey on many agricultural and forest, among other pines, pests.

Tachina magnicornis fly

mercredi 15 mars 2017

Promesse de confitures

prunier en fleurs Montagne Noire Tarn
Dans le jardin, les pruniers sont en fleurs.
J’en fais des confitures, généralement le jour de mon anniversaire, en plein juillet.
C’est un des derniers arbres du grand verger de mes grands parents que nous avons le projet de replanter.
N’ayant pas été taillé depuis de nombreuses années, je crois que le porte-greffe a pris le pas sur le greffon et donc, fraiches, ces prunes sont un peu farineuses. Mais en confiture, elles sont délicieusement sures, tartinées sur du bon pain beurré ou mélangées à un yaourt nature. J’ai assez d’amateurs pour ma récolte annuelle avec laquelle je fais une trentaine de pots que j’ai plaisir à offrir et à consommer.
La prune, et sa version sèche le pruneau (variété sèche de la prune d’Ente), est un fruit excellent riche en antioxydants, en fer et en vitamines, particuliérement bonne pour la santé.
Et comme je ne peux pas tout ramasser, le reste nourrit tous les gourmands de la forêt voisine.
fleurs de prunier Montagne Noire Tarn
 


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mardi 6 février 2018

Un brin d'éternité

rameau de houx sous la neige
Nouvel episode de neige dont les flocons recouvrent les feuilles de la forêt étincelante.

Le Houx commun (Ilex aquifolium) est une espèce de petits arbres sauvages, à feuillage persistant, mais aussi cultivés pour l’ornement, notamment grâce à ses fruits rouge vif, les drupes, qui persistent tout l’hiver. Il pousse lentement et atteint généralement de 4 à 6 mètres, très exceptionnellement jusqu’à 20. 
C'est l'une des très nombreuses espèces du genre Ilex, la seule qui pousse spontanément en Europe.

Le terme « houx » vient du vieux bas francique hulis, reconstitué d'après l'ancien haut allemand hulis, huls. La racine se retrouve dans le néerlandais hulst et l'allemand Stechhülsen. Nommé holly en anglais, il a donné le toponyme Hollywood qui signifie « le bois de houx, la houssaie ».
Aquifolium, emprunté par le botaniste Carl von Linné au Romain Pline, signifie littéralement « à feuille épineuse » (de folium, feuille et acus, aiguille), tandis que īlex, īlĭcis est à l'origine le nom latin du Chêne vert (quercus ilex). Il viendrait de l'altération d’acrifolium (de acer, acris, aigu). Les noms de l’arbuste en italien agrifoglio et en occitan grefuèlh sont issus directement du latin acrifolius.
Ses feuilles d'un vert brillant foncé et luisant à leur face supérieure, plus pâles sur leur face inférieure, sont munies d'épines acérées. Certaines variétés ont le feuillage panaché de blanc. Elles persistent généralement trois ans.
C'est une espèce dioïque (avec des individus mâles et femelles séparés), mais on peut trouver des individus monoïques. Les fleurs blanches, de petite taille sont groupées à l'aisselle des feuilles vers mai-juin. Les pétales sont soudés à la base (fleurs gamopétales). Les fleurs femelles portent des staminodes, sortes d'étamines stériles. Les fleurs mâles, plus haut, portent seulement des étamines. Les pieds femelles ont besoin d'au moins un pied mâle dans les environs pour fructifier.
rameau de houx sous la neige

Les fruits rouges contiennent quatre noyaux, enserrant une graine lignifiée. Ces fruits qui murissent en fin d'été sont toxiques. Le feuillage et les fruits contiennent des alcaloïdes toxiques, notamment de l'ilicine. La consommation des fruits entraîne des vomissements et des troubles digestifs, voire des troubles neurologiques. Attention donc aux jeunes enfants notamment pendant les fêtes de fin d'année.
Cette plante fut employée autrefois en médecine populaire, tant par voie externe pour son pouvoir résolutif ou par voie interne pour son pouvoir fébrifuge. Dans certaines régions d'Europe, comme l'Alsace, de l'alcool blanc est produit à partir de fruits fermentés et distillés. L'élixir floral, connu sous l'appellation anglophone Holly, est censé ré-harmoniser les états d'esprit négatifs.
L’arbuste est employé comme ornement et parfois dans l'art topiaire. Les rameaux de houx portant des fruits servent de décoration à Noël. Il a été aussi utilisé pour former des haies défensives ou un couvert à gibier dans les bois.
Le houx préfère la mi-ombre des sous-bois et les sols riches à tendance acide comme chez nous. Il se bouture et se marcotte facilement, rejette également bien de souche et peut devenir envahissant. Il peut supporter des gelées ponctuelles jusqu'à - 15 ° C et a peu d'ennemis en culture. Mais il est sujet à des attaques de pucerons ou de cochenilles qui ont décimés mes premières tentatives que je n’ai pas voulu traiter chimiquement.
L'écorce interne du houx servait à préparer la glu, substance visqueuse employée pour piéger les oiseaux.
Le bois de houx est un bois dense, à grain fin et de couleur très blanche et relativement facile à travailler, peu courant car il est rare que l'on coupe des arbres bien formés. C'est un bois apprécié des maquettistes, des marqueteurs et des tourneurs, en particulier pour la fabrication des pièces blanches des jeux d'échecs et la célèbre canne de marche de Goethe,
Grâce à ses fruits persistants durant l'hiver, le houx est une espèce précieuse pour certaines espèces d'oiseaux qui s'en nourrissent, comme les merles noirs, les grives et les pigeons ramiers.
Depuis l'Antiquité le houx est le symbole de la persistance de la vie végétale au cœur de l'hiver. La tradition chrétienne a également accueilli cette symbolique à l'occasion du temps de Noël. Un des Évangiles parle du roi Hérode qui chercha à massacrer les nouveau-nés juifs. Marie, Joseph et l’enfant s’enfuirent en Égypte. Selon une légende, à l'approche des soldats, ils se cachèrent dans un buisson de houx. Sauvés, Marie bénit le buisson de houx et souhaita qu’il restât toujours vert en souvenir de sa protection et comme symbole d'immortalité. 
Dans son poème « Demain, dès l'aube… », Victor Hugo en orne la tombe de sa fille, Léopoldine :
« Demain, dès l'aube...
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur. »

Dans la saga Harry Potter, la baguette d’Harry est en bois de houx.

English version being done

lundi 21 avril 2025

Si jeune et pourtant si vieille

fougère fern
  

Dans la forêt printannière vert tendre, elle déroule peu à peu ses jeunes frondes, sortes de feuilles caractéristiques des fougères, ici piquetées de petites véroniques bleues. C’est une plante pérenne que je retrouve là, chaque année, au même endroit sur le bord du sentier.

Les fougères constituent un groupe très important de plus de 13 000 espèces. Sans fleur ni graine, ces plantes se reproduisent par l’intermédiaire de spores. Ayant des vaisseaux pour faire circuler les éléments liquides et chimiques puisés dans le sol, elles sont plus « évoluées » que les mousses qui n’en ont pas. De même les fougères ont des tiges souterraines, des rhizomes, qui jouent le rôle de racines alors que les mousses n’ont, au mieux, que des rhizoïdes. Les fougères sont donc généralement plus grandes que les mousses. Mais, comme ces dernières, elles restent dépendantes de l’eau pour leur reproduction, d’où leur présence souvent en sous bois, sur les ripisylves (bordures des ruisseaux), comme ici.

Beaucoup de fougères restent vertes toute l’année et celles dont les frondes fanent ont au minimum le rhizome qui persiste et permet à la plante de se développer aussi de façon végétative. Un même spécimen peut vivre des decennies.

La première grande diversification des fougères eut lieu au Paléozoïque (Ère primaire), à l’époque du Carbonifère, il y a 360 à 300 millions d’années environ. Les représentants actuels, qui poussent essentiellement dans les régions tropicales, dérivent d’une flore perdue, beaucoup plus variée.

Ainsi, les frondes observées sur les empreintes fossiles des espèces disparues, sont proches de celles des spécimens actuels, comme ce fossile de fougère dans le charbon de Carmaux, au nord du département, dont les veines datent du Stéphanien, autour de 300 millions années.

fossile de la mine de charbon de Carmaux

La plupart des fougères actuelles, herbacées ou arborescentes, sont issues d’un groupe qui s’est diversifié au Mésozoïque (Ère secondaire). Elles dominaient les paysages de l’époque avec les Gymnospermes, plantes à graines mais sans fleurs, comme les arbres conifères, avant l’arrivée des Angiospermes (plantes à fleurs).

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