lundi 2 février 2026

Promesse de géant

Elle brille au soleil; c’est une petite graine qui, apportée par le vent, s’est posée au bord du sentier.

Une promesse de vie qui grandira, grandira, si elle tombe sur un sol accueillant.

Celle d’une espèce d’arbre que l’on a plutôt l’habitude de voir dans les cours des écoles, sur les places comme celle qui avait inspirée Van Gogh ou le long des routes du sud de la France, comme ici le long de la D14 qui trace son sillage dans la plaine avant de grimper dans la vallée du Sant.

Mais ici, au creux de la forêt, c’est bien aussi une graine de platane. Nous en avons déjà deux de vénérables, dont la graine a aussi probablement été amenée par le vent, il y a bien longtemps.

Le platane commun, ou platane à feuilles d'érable (Platanus × hispanica ou Platanus × acerifolia) est en fait un  hybride d'arbres issu du croisement entre le platane d'Occident (Amérique du Nord) et le platane d'Orient, à fertilité très faible (seule une infime partie des graines peuvent germer).


Existant en Europe, au Crétacé (de 145 à 66 millions d’années), le platane y disparaît à l'ère glaciaire. Le platane d'Occident (peu courant en Europe et d'origine américaine) et le platane d'Orient (planté par les Romains en Italie, vers l'an 390 av. J.-C.) sont introduits et hybridés en Espagne (d'où le nom "Hispanica") et en Angleterre vers 1650, pour donner le platane commun ou platane à feuilles d'érable, le plus courant en France.

Le nom, du grec πλάτανος / plátanos, dérivé de l'adjectif πλατύς / platús, signifie large et plat. Cette dénomination trouverait son origine dans une croyance de la civilisation Crétoise : la feuille à cinq lobes correspondrait aux cinq doigts de la main de la Grande Déesse, la Terre Mère. 

Nous avions déjà vu le miracle de la minuscule graine de séquoia qui se transformera en l’être le plus haut de la planète, si elle tombe, elle aussi, sur un terrain propice.

C’est la magie de la Nature dans les forêts naturelles: simplement dire « Abracadabra », puis patienter un petit… siècle, en espérant que la force de vie surmonte les aléas de toutes sortes.

Ici, nos deux spécimens sont en pleine santé, ce qui n’est pas le cas, hélas, des magnifiques platanes qui bordent le Canal du Midi qui doivent être remplacés, comme expliqué dans cette belle vidéo (en français, sous-titres en anglais).