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lundi 21 septembre 2026

Certaines cloches sonnent, d'autres pas

 Campanula patula

Le 25 septembre 2026, toutes les cloches de France sonneront pour la visite papale. Ah ! Les cloches de nos églises et de nos beffrois. Celles qui rythmaient la vie quotidienne de nos ancêtres et encore les offices, les grands évenements des familles catholiques et de la Nation. Celles qui volent à Pâques, celles en chocolat ou au cou des chevaux qui enchantent toujours les enfants. Mais il est aussi d’autres cloches autour de nous, tout aussi belles, même si elles ne tintent pas. Ce sont des fleurs, les campanules.

Nous trouvons dans la vallée plusieurs espèces de campanules, en particulier la très commune campanule étalée (Campanula patula) et la campanule gantelée (Campanula trachelium). La première est bisannuelle, et la deuxième est vivace, vous la retrouverez souvent au même endroit d’une année sur l’autre.

Le nom du genre, Campanula, vient du latin « campana » qui signifie cloche. En effet, les fleurs des 250 espèces de ce genre, principalement des régions tempérées, ont cette forme. Elles sont plus ou moins fermées suivant les espèces, les plus profondes sont par exemple la campanule des Alpes ou la campanule carillon. En remontant un peu plus dans l’éthymologie on apprend que les cloches européennes auraient été  inventées dans la petite ville de Nola en Campanie, à l’est de Naples, dont Pline l’ancien vantait la qualité de l’airain de ses cloches.

Les fleurs des campanules sont donc dites, en terme botanique, gamopétales ou sympétales : ce sont les fleurs dont les pétales sont soudés entre eux formant un étui, une coupe, un tube ou une cloche. En plus des campanules, on trouve cette évolution dans de nombreux genres de fleurs (pervenches, muguets, bruyères, liserons, digitales…). Toutes ces espèces sont considérées comme plus évoluées, car ces formes de fleurs assurent une meilleure protection des organes de la reproduction et c’est une étape supplémentaire dans la coévolution plante-animal pollinisateur en sélectionnant les animaux spécialisés dirigés plus efficacement dans la fleur à la corolle soudée.

La campanule étalée a des feuilles oblongues, les supérieures sont plus étroites. Elle a des fleurs bleu-violet aux cinq pétales assez écartées et donc plutôt en forme d’étoile que de cloche. Elle aime les sols siliceux et se plait donc bien ici.

                                                                 Campanula trachelium


La campanule gantelée, ou à feuilles d'ortie, ou ortie bleue, est plus haute à maturité (jusqu’à 1 m) et est couverte de poils rudes. Comme son nom l’indique ses feuilles ressemblent à celles de l’ortie, dentées. Celles de la base sont en forme de cœur, celles de la tige plus petites et lancéolées. Les fleurs sont bleu-violet, aux cinq pétales un peu plus soudées en cloche que la campanule étalée.

Le nom scientifique de cette espèce (trachelium) vient du grec ancien trachylos (ou trachêlos), qui signifie « cou » ou « trachée »  et fait référence à l'utilisation traditionnelle de certaines plantes de ce groupe pour soigner les affections de la gorge ou du cou. Allusion que l’on retrouve dans un des noms communs de cette plante en anglais (throatwort).


 Les campanules sont des plantes mellifères très appréciées. Les fleurs abritent souvent de nombreuses espèces de petits insectes pollinisateurs dont de petits coléoptères ainsi que certaines abeilles sauvages qui ne se nourissent que de pollen de campanules, on dit qu’elles sont oligolectiques. 

Bellflowers are native to temperate parts of Europe and widely naturalised elsewhere.

Campanula patula or spreading bellflower is a plant species of the genus Campanula. It bears lateral branches of pale blue or white flowers that are upright and funnel shaped. The leaves are narrow and pointed. The main difference between this and other bellflowers is that even if the calyx is fused the violet-blue petals in the bell are spread out and more pointed, showing five triangular lobes like a star.The flowering period is from June to September.

Campanula trachelium, the nettle-leaved bellflower, is higher than C. patula and a perennial plant. The lower leaves are long-stalked and ovate with a heart-shaped base, the upper leaves have no stalks and are ovate or lanceolate, hairy with toothed margin. Each flower has five violet (or occasionally white) petals are fused into a bell that is hairy inside.

The alternate name throatwort is derived from an old belief that C. trachelium is a cure for sore throat, and the species name trachelium refers to its use as treatment of the throat in folk medicine. Other folknames include Our Lady's Bells because the color blue was identified with the Virgin Mary's scarf, veil, or shawl; Coventry Bells because C. trachelium was especially common in fields around Coventry; and "Bats-in-the-Belfry" or in the singular "Bat-in-the-Belfry", because the stamens inside the flower were like bats hanging in the bell of a church steeple.

vendredi 26 juin 2026

Petits radis pour sangliers gourmands

Les Oxalis sont un genre de plantes vivaces et basses. Il existe de nombreuses espèces sauvages et ornementales.

On les reconnaît facilement car elles ont des feuilles trifoliées, comme les trèfles, mais dont chaque foliole a la forme d'un cœur. Elles sont en général vertes. Elles peuvent aussi être de couleur pourpre chez certaines espèces. En général, les folioles s'ouvrent le jour et se replient pendant la nuit.

Les fleurs ont cinq pétales avec des couleurs variant selon les espèces : blanches, roses, jaunes. Compte tenu de la couleur de cette fleur venant de mon jardin, il s’agit certainement d’Oxalis violacea, mais nous avons aussi d’autres espèces à l’entour. La floraison a lieu pour la majorité des espèces en avril-mai. Les fruits sont des capsules qui contiennent beaucoup de graines et la propagation est très rapide.

La plante se propage aussi par voie végétative, ses bulbilles dans le sol, dont les sangliers raffolent. C’est pourquoi nous trouvons parfois nos champs « labourés » par une compagnie pendant la nuit, exactement là où poussent des oxalis.

Le nom d'Oxalis vient du grec oxys, « aigu, acide », piquante et acidulé qui a  donné ὀξαλίς qui signifie vin aigre ou oseille (Rumex acetosa), autre plante au goût acide. Ce goût est dû à l'acide oxalique. Bien que la plante soit comestible il ne faut donc pas en consommer trop car cet acide peut irriter les voies œsophagienne ou gastrique et endommager les reins à cause de la précipitation des cristaux d’oxalates de calcium. Il est mortel à forte dose. D’ailleurs la romancière Agatha Christie a publié en 1939 Un meurtre est-il facile ?, dans lequel un empoisonnement à l'acide oxalique est confondu avec une gastrite aigüe.

 

This flower is from a species called wood-sorrels as they have an acidic taste reminiscent of the sorrel proper (Rumex acetosa), which is not closely related. Some species are called yellow sorrels or pink sorrels after the colour of their flowers instead.

For the genus as a whole, the term oxalises is also used. Many plants in this genus contain oxalic acid, the acid being named after the genus Oxalis.

The plants are annual or perennial. The leaves are divided into three to ten or more obovate and top-notched leaflets, arranged palmately with all the leaflets of roughly equal size. The majority of species have three leaflets, superficially similar to those of some clovers. Some species exhibit rapid changes in leaf angle in response to temporarily high light intensity to decrease photoinhibition.

 The flowers have five petals, which are usually fused at the base, and ten stamens.

The roots are often tuberous and succulent, and several species also reproduce vegetatively by production of bulbils, which detach to produce new plants. Wild boars around here are fond of them and come some nights to harvest their little sweets in the fields.

Oxalic acid has an oral lowest published lethal dose.  The toxicity of oxalic acid is due to kidney failure caused by precipitation of solid calcium oxalate. Oxalate is known to cause mitochondrial dysfunction.

In the book Murder is easy (1939), Agatha Christie explains that oxalic acid has been used to kill.


  
 

vendredi 20 mars 2026

Petite lampée de soleil


 Voici l’équinoxe de printemps, le soleil va nous éclairer pendant 12 heures.

Pour commencer, il s’est lové quelques minutes dans le cœur de cette petite fleur de géranium noueux (Geranium nodosum). Elles vont bientôt recouvrir les bords du sentier pour le plus grand bonheur des insectes amateurs de nectar.

Il y a plusieurs espèces de géranium « sauvage » dans la vallée. Celle-ci est très jolie à regarder de près et a des feuilles en forme de garde d’épée avant qu’elles ne s’élargissement en grandissant. 

Je vous montrerai prochainement une fête organisée par des adèles sur une de ces fleurs.


Découvrez d’autres plantes de la vallée du Sant.

jeudi 1 janvier 2026

Elle ne manque pas de piquant


 

J’ai choisi cette petite fleur pour souhaiter mes vœux pour l’année 2026. C’est la Barbarée commune (Barbarea vulgaris), une plante de la famille des Brassicaceae, comme le cresson, les choux, la moutarde ou le colza notamment, reconnaissable à leur fleur à quatre pétales en croix, d’où leur ancien nom de crucifères.

Les plantes de cette famille n’ont certes pas d’épines mais ne manquent pas de piquant car elles contiennent des glucosinolates. Sous l’action d’une enzyme endogène (la myrosinase, qui aide ces plantes à se protéger des herbivores), ils sont transformés en isothiocyanates, composés soufrés qui ont une saveur plus ou moins âcre et donnent leur goût particulier à leurs préparations culinaires. Certaines, comme la barbarée, contiennent aussi des saponines, autres molécules de défense, qui en  font une bonne « culture-piège » c’est à dire qui sert à attirer et à tuer les insectes ravageurs habituels d'une culture principale que l’on souhaite protéger et qui, ainsi, reste saine. Cela permet de réduire les traitements par insecticides.

Ses feuilles, également riches en vitamine C, sont comestibles crues ou cuites mais plus amères que celles de sa cousine la barbarée printanière très rare et parfois cultivée sous le nom de « cresson de terre ».

La barbarée doit son nom au fait qu’elle est dédiée à Sainte Barbe, patronne des canonniers, des artificiers, des métallurgistes et des pompiers, cette plante était censée fournir un baume apaisant les blessures liées au feu. Elle s’appelle aussi herbe aux charpentiers car elle était également employée autrefois en emplâtre pour soigner les petites coupures inhérentes à ce métier.

La floraison s'étale d'avril à août. Après fécondation, se développent ensuite des siliques qui contiennent les graines, un plant pouvant produire de 40 000 à 116 000 graines qui restent viables pendant 10 à 20 ans, en dormance dans le sol.

Probablement originaire des régions méditerranéennes, la Barbarée commune pousse dans toute la France, y compris en Corse. Son aire s’est considérablement étendue puisqu’on la retrouve dans toute l'Europe, en Asie tempérée, en Afrique du Nord et en Amérique septentrionale.

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Barbarea vulgaris, also called wintercress (usual common name), or alternatively winter rocket, rocketcress, yellow rocketcress, yellow rocket, wound rocket, herb barbara, creases, or creasy greens, is a biennial herb of the genus Barbarea, belonging to the family Brassicaceae.

The genus name Barbarea derives from Saint Barbara, the patron saint of artillerymen and miners, as this plant in the past was used to soothe the wounds caused by explosions. The species Latin name vulgaris means "common".


More plants of the Sant valley

lundi 21 avril 2025

Si jeune et pourtant si vieille

fougère fern
  

Dans la forêt printannière vert tendre, elle déroule peu à peu ses jeunes frondes, sortes de feuilles caractéristiques des fougères, ici piquetées de petites véroniques bleues. C’est une plante pérenne que je retrouve là, chaque année, au même endroit sur le bord du sentier.

Les fougères constituent un groupe très important de plus de 13 000 espèces. Sans fleur ni graine, ces plantes se reproduisent par l’intermédiaire de spores. Ayant des vaisseaux pour faire circuler les éléments liquides et chimiques puisés dans le sol, elles sont plus « évoluées » que les mousses qui n’en ont pas. De même les fougères ont des tiges souterraines, des rhizomes, qui jouent le rôle de racines alors que les mousses n’ont, au mieux, que des rhizoïdes. Les fougères sont donc généralement plus grandes que les mousses. Mais, comme ces dernières, elles restent dépendantes de l’eau pour leur reproduction, d’où leur présence souvent en sous bois, sur les ripisylves (bordures des ruisseaux), comme ici.

Beaucoup de fougères restent vertes toute l’année et celles dont les frondes fanent ont au minimum le rhizome qui persiste et permet à la plante de se développer aussi de façon végétative. Un même spécimen peut vivre des decennies.

La première grande diversification des fougères eut lieu au Paléozoïque (Ère primaire), à l’époque du Carbonifère, il y a 360 à 300 millions d’années environ. Les représentants actuels, qui poussent essentiellement dans les régions tropicales, dérivent d’une flore perdue, beaucoup plus variée.

Ainsi, les frondes observées sur les empreintes fossiles des espèces disparues, sont proches de celles des spécimens actuels, comme ce fossile de fougère dans le charbon de Carmaux, au nord du département, dont les veines datent du Stéphanien, autour de 300 millions années.

fossile de la mine de charbon de Carmaux

La plupart des fougères actuelles, herbacées ou arborescentes, sont issues d’un groupe qui s’est diversifié au Mésozoïque (Ère secondaire). Elles dominaient les paysages de l’époque avec les Gymnospermes, plantes à graines mais sans fleurs, comme les arbres conifères, avant l’arrivée des Angiospermes (plantes à fleurs).

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dimanche 29 décembre 2024

La Nature aime les mathématiques

gite la bergerie du sant

Nous avions déjà vu le pentagone que forment les graines des roses trémières. Voici un autre exemple du génie mathématique de la Nature : celui de nombreuses astéracées, comme la marguerite, le tournesol, le pissenlit… Elles présentent des involucres spiralés bien particuliers, soulignés sur cette photo solarisée.

Ce qu'on appelle souvent « fleur » n'en est pas une seule mais un ensemble « sur un plateau », le capitule. C’est un pseudanthe.

Les fleurs extérieures ligulées du capitule sont souvent disposées sur un seul rang et généralement stériles. Les fleurs centrales en tube, hermaphrodites, sont souvent jaunes. Les fruits sont parfois des akènes, que les enfants aiment souffler comme pour le pissenlit.

La disposition des fleurs centrales, ou fleurons, puis des graines, sur le réceptacle dessine des spirales répondant aux règles de la phyllotaxie. Cela avait déjà intrigué Léonard de Vinci et le mathématicien Alan Turing.

Les nombres de fleurons de chaque type de spirale sont constants et sont des nombres successifs de la suite de Fibonacci, par exemple 34/55 ou 55/89 pour les tournesols.


vendredi 5 juillet 2024

Mini melon

mouron rouge

Il faut y regarder de très près pour voir ce petit « melon » de 2 mm de diamètre et les toutes petites pièces rondes qu’il contient.

Son nom botanique est une pyxide qui se « décapsule » à maturité. Elle dissémine alors les graines (toxiques) d’un plante aux fleurs également très petites, le mouron rouge (Lysimachia arvensis ou Anagallis arvensis).

mouron rouge
C'est une petite plante annuelle rampante à fleurs rouges ou parfois bleues. Sa tige a quatre angles. Ses feuilles présentent de petits points foncés en‐dessous.

mouron rouge

Le mouron rouge n'appartient pas à la même famille que le Mouron des oiseaux (Stellaria media), ou mouron blanc, qui, lui, est comestible et apprécié des oiseaux, comme son nom commun l’indique.

Connue depuis longtemps, on trouve une planche de mouron rouge dans le superbe Manuscrit Fuchs.



Pyxide de mouron rouge à maturité (2 mm de diamètre)

Les fleurs du mouron rouge se referment la nuit et ressemblent alors à de petites roses. Contrairement à la vraie rose, celle de Ronsard, qui « ne dure que du matin jusques au soir », celles du mouron rouge fleurissent pendant des semaines. Peu visibles dans l’espace, elles se rattrapent dans le temps.

mouron rouge

lundi 29 janvier 2024

Ourlé de givre

Ces récents jours de givre nous ont offert un bel échantillon de la diversité des formes des plantes de la vallée. En voici quelques unes : fougère, mauve, gaillet, lierre, oseille, digitale, cétérach, arum…










La digitale pourpre est une plante qui développe son cycle sur deux ans : la première année elle forme la rosette de feuilles, à préserver si l’on veut voir fleurir les belles hampes la deuxième année.

mercredi 21 juin 2023

En offrande aux petits oiseaux

groseille

Petite surprise au hasard d’une balade dans la forêt, je tombe sur un groseiller en fruit.

Cela m’intrigue. Il ne ressemble pas aux groseillers sauvages que j’ai l’habitude d’y trouver.

Peut-être ce pied est-il le lointain descendant d’une graine semée par un oiseau qui venait picorer, il y a bien longtemps, les groseillers du jardin de ma grand-mère. Enfant, je ramassais des paniers entiers de ces délicieux fruits rouges ainsi que les fruits des cassis qui tachaient mes lèvres et mes doigts d’une encre aussi violette et noire que celle de nos encriers d’écolier. Après un long travail pour trier, épépiner et cuire les fruits, ma Mémé Rose en faisait de délicieuses gelées. Tout l’hiver, elles embaumaient nos tartines au petit-déjeuner et faisaient un si grand plaisir à tous ceux qui venaient la voir et repartaient avec un petit pot qu’elle leur offrait, de si bon coeur.

Quelle que soit l’origine de ce plant de groseiller perdu dans la forêt, quel joli petit cadeau aux oiseaux qui peuplent aujourd’hui la forêt et m’enchantent chaque jour.

mardi 9 mai 2023

A la santé des charpentiers

bugle rampante (Ajuga reptans

Après les tapis de myosotis qui ont poivré de bleu ciel les prés et les talus ces dernières semaines, voici la bugle rampante, aux fleurs d’un beau bleu royal profond et aux jeunes feuilles vert bleuté.

La bugle rampante (Ajuga reptans) est une plante vivace, que je retrouve donc chaque année aux mêmes endroits frais où elle se sent bien, notamment au bord du ruisseau. Du fait de son aspect esthétique et de sa tendance couvrante elle est aussi cultivée dans les jardins mais a un caractère envahissant aux USA.

Le nom de genre Ajuga serait tiré du grec a, privatif et du latin jugum, joug, car sa corolle semble dépourvue de lèvre supérieure ou viendrait de la déformation du latin abigere, chasser, car cette plante faciliterait l'accouchement. Son nom d’espèce reptans, courant en botanique, vient de son stolon rampant.

Originaire d'Europe, du Caucase et d’Iran, elle est très rustique et commune en France jusqu’en altitude (2 000 m) mais plus rare en région méditerranéenne du fait notamment qu’elle apprécie la fraîcheur.

Cette plante est connue pour ses vertus médicinales cicatrisantes, d’où son nom d’"herbe des charpentiers", et astringentes. Cette réputation date du Moyen Âge et a donné le proverbe « Qui a la bugle et la sanicle (autre plante présente ici dont nous parlerons prochainement), fait au chirurgien la nique ».

La Bugle rampante fait partie des plantes sauvages comestibles autrefois consommées y compris comme fourrage. Les chèvres de mon grand-père les aimaient beaucoup.

La bugle rampante est aussi appréciée pour son nectar par une très longue liste de papillons dont plusieurs espèces présentes ici: Citron, Argus bleu, Piéride du Chou, Sylvaine, Aurore, Grand collier argenté, Petit collier argenté, Azuré du serpolet, Azuré des nepruns et bien d’autres encore…

Découvrez d’autres plantes de la vallée du Sant.

 

Ajuga reptans is a perennial herbaceous flowering plant native to Europe, common in woods and fresch rough pastures.

It can be grown as a garden plant it provides useful groundcover, but is invasive in parts of North America. It is also a component of purple moor grass and rush pastures, a Biodiversity Action Plan habitat in the United Kingdom.

Ajuga reptans is a dense spreading groundcover with dark green leaves with purple highlights. It erects flowering stems with tall flower stalks bearing many purple flowers. As in the mint family Lamiaceae it is part of, the stems are square in cross-section with hairs on two sides.

Ajuga reptans herb has been used in traditional medicine. It is known as "carpenter's herb" for its supposed ability to stem bleeding.

Pollination is by bees or Lepidoptera (moths and butterflies). It is a nectar source of a long list of butterflies present here: Brimstone, common blue, large skipper, orange tip, pearl-bordered fritillary, small pearl-bordered fritillary, chequered-skipper and many more...

More plants of the Sant valley

samedi 15 avril 2023

Le berceau du chêne

C’est ainsi que les forestiers appellent cette plante. Et en plus son fruit est délicieux. Pourtant, c’est une plante mal-aimée, car mal connue.

C’est la Ronce (Rubus fructicosus). En général, on tente de la faire disparaître car elle est très coriace et envahissante. C’est une rosacée et, comme les roses, elle porte des aiguillons : qui s’y frotte, s’y pique !

Mais aussi, le roncier crée une haie mellifère et défensive, qui constitue une cachette efficace et un bon garde-manger pour de nombreux petits animaux depuis les insectes (c’est notamment la plante hôte des chenilles de plusieurs papillons et ses fleurs sont visitées par les butineurs), les oiseaux et jusqu’aux petits mamifères lièvres, blaireaux ou renards… C’est donc une source importante de biodiversité.

Son surnom de Berceau du chêne vient du fait que la ronce prépare une jeune forêt à pousser. Elle protège les jeunes pousses de la dent gourmande des chevreuils qui aiment grignoter le feuillage des arbrisseaux. La ronce est aussi un couvre-sol qui protège de l’éclairage direct du soleil et garde l’humidité au sol, favorisant ainsi le développement des jeunes plants. Elle oblige aussi les jeunes arbrisseaux à monter chercher la lumière, ils poussent donc bien droits. Enfin le systéme racinaire dense de la ronce protège le sol de l’érosion et ralentit le ruissellement de l'eau.

La ronce est également appréciée comme plante médicinale : les mûres (fraîches, en confiture, gelée, ou sirop) sont riches en vitamines, minéraux et anthocyanes protecteurs du système cardiovasculaire.


 

Les feuilles sèchées en décoctions, sont utiles contre les gingivites, angines et troubles digestifs. C'est également un tonique veineux, à action hypoglycémiante.

C’est donc une plante bénéfique et protectrice que l’on trouve partout, y compris dans nos contes d’enfants :

« … Dans tout le pays on parla de la belle princesse endormie, les parents racontèrent l’histoire à leurs enfants qui eux-mêmes la racontèrent à leurs enfants. Les princes arrivaient de tous les royaumes alentours pour tenter de percer les ronces qui protégeaient le château mais à peine les branches étaient-elles coupées qu’elles repoussaient de plus belle... ».

Vous l’avez reconnu, c’est dans le conte La Belle au bois dormant.



jeudi 29 décembre 2022

La Nature aime la géométrie

 rose trémière

L’infiniment grand et l’infiniment petit nous offrent des milliers d’exemples de formes sphériques et de mouvements circulaires ou élliptiques.

La Nature se lance aussi parfois dans les angles en particulier des structures triangulaires, carrées et même des hexagones: molécules, cristaux... Dans l'espace, mon exemple préféré est l’intrigeante dépression du pôle nord de Saturne.

Mais en regardant bien autour de nous on trouve aussi de nombreux exemples de pentagones réguliers.

En voici un qui m’a enchanté dans le cœur d’une fleur de rose trémière, y compris son système étonnant d’accrochage des graines qui ont une petite encoche qui leur permet de rester attachées jusqu’à maturité puis de se détacher quand la fleur est sèche et la dissémination possible.

rose trémière





rose trémière































Cette forme intéressante correspond à l’évolution normale de l’organe reproducteur de la rose trémière (Alcea rosea) puisque, comme toutes les Malvaceae, sa fleur se caractérise tout simplement par 5 pétales.

rose trémière

rose trémière

rose trémière