mardi 24 novembre 2015

Une belle coopération entre plantes et insectes

L'Hellébore fétide, Ellébore fétide ou Pied-de-griffon (Helleborus foetidus L.) est une plante vivace que l’on trouve jusqu’à 1800 m d’altitude dans les chênaies, les broussailles et les endroits rocheux en sol plutôt sec, calcaire ou neutre, voire franchement acide en situation ensoleillée comme c’est le cas chez nous.

Le nom scientifique vient des mots grecs "elein" pour faire mourir et "bora" pour nourriture. C’est une plante vénéneuse qui provoque vomissements et  délires. Une overdose de médicaments contenant de l’hellébore a été proposée comme cause possible de la mort d’Alexandre le grand.
Le qualificatif « fétide » vient de son feuillage malodorant lorsqu’il est froissé. Les feuilles sont profondément divisées en 7 à 11 segments (feuille pédalée) aux bordures en dents de scie, la foliole centrale restant indivise.
 
 
Les petites fleurs vertes symétriques en clochettes penchées (protection contre les intempéries) apparaissent de janvier à avril et produisent une grande quantité de pollen. Elles sont composées de 5 sépales pétalloïdes persistants et de 5 pétales transformés en cornet secrétant du nectar. C’est donc une plante mellifère visitée par des insectes diptères (mouches), ainsi que par les abeilles et les bourdons. L’hellébore fétide fleurit ordinairement deux fois, la première fois vers cinq ans. De nouvelles tiges naissant de la souche assurent une seconde floraison l'année suivante, cette seconde floraison étant généralement suivie par la mort de la plante.
 
Les graines possèdent un élaiosome qui permet une dissémination par les fourmis (myrmécochorie). Bel exemple de symbiose. On retrouve ainsi les rejetons souvent à plusieurs mètres des plantes mères.

Des espèces d’Hellébores sont utilisées comme plantes d’ornement et plantes médicinales.

La Fontaine y fait d’ailleurs référence dans sa fable Le lièvre et la tortue :
Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.
Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.
Gageons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point
Sitôt que moi ce but. - Sitôt ? Etes-vous sage ?
Repartit l'animal léger.
Ma commère, il vous faut purger
Avec quatre grains d'ellébore
.
- Sage ou non, je parie encore.
Ainsi fut fait : et de tous deux
On mit près du but les enjeux:
Savoir quoi, ce n'est pas l'affaire,
Ni de quel juge l'on convint.
Notre Lièvre n'avait que quatre pas à faire ;
J'entends de ceux qu'il fait lorsque prêt d'être atteint
Il s'éloigne des chiens, les renvoie aux Calendes,
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir, et pour écouter
D'où vient le vent, il laisse la Tortue
Aller son train de Sénateur.
Elle part, elle s'évertue ;
Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire,
Tient la gageure à peu de gloire,
Croit qu'il y va de son honneur
De partir tard. Il broute, il se repose,
Il s'amuse à toute autre chose
Qu'à la gageure. A la fin quand il vit
Que l'autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait ; mais les élans qu'il fit
Furent vains : la Tortue arriva la première.
Eh bien ! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?
Moi, l'emporter ! et que serait-ce
Si vous portiez une maison ?


Et bien sûr Molière qui aime à mettre en scène les remèdes plus ou moins efficaces la cite dans Amphitryon.

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