samedi 17 septembre 2016

Huile de coude


Sur le sentier, un curieux insecte, tête baissée, des gouttes jaune-orangées sortant de ses pattes, comme mort. En fait, tout comme pour le crache-sang que nous avons déjà rencontré, c’est une ruse.

C’est un Meloe violaceus, le Méloé violet, un insecte coléoptère parasite  d'hyménoptères (guêpes, abeilles…).
Si cet insecte se sent menacé, il émet des gouttes d’hémolymphe (liquide interne des insectes comparable au sang) par la bouche et les articulations. Ce liquide est toxique car riche en cantharidine qui est pour les agresseurs un composé aussi toxique que la strychnine.

Et effectivement, après quelques minutes, l’insecte a relevé la tête et continué son chemin tranquillement. 



La femelle mesure 30 mm et se reconnaît à son abdomen hypertrophié. Le mâle est plus petit (10 mm). 

La larve connaît six stades de développement, ce qui est beaucoup pour un insecte. On parle d'hyperméthamorphose larvaire []: la première larve (ou larve primitive) est appelée triongulin. Bien que ne s'alimentant pas, elle est très mobile, en circulant pour trouver un hôte hyménoptère. Pour ce faire, elle est munie de pattes munies de trois grosses griffes plates (d'où son nom) lui permettant d'escalader les fleurs où elle attendra son hyménoptère. La seconde larve parasite le nid de son hyménoptère. Aux stades 3 et 4,  elle prend la forme d'un hanneton (forme mélonthoïde). Au stade 3, elle se nourrit de miel, au stade 4 elle devient migrante et carnivore. Au stade 5, elle s'enfouit dans le sol et devient immobile en se contractant pour devenir une pré nymphe. Le sixième stade est celui de la nymphe proprement dite. C'est elle qui donnera l'adulte. 

Cette espèce est considérée comme menacée, et, à ce titre, protégée en Belgique.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire